Marie Trintignant (2/7) : « Je ne pardonnerai jamais », s’indigne sa mère Nadine

Nadine Trintignant

Il y a 18 ans, en 2003, Marie Trintignant est morte sous les coups de son compagnon Bertrand Cantat à Vilnius. Sa mère Nadine Trintignant ne « pardonnera jamais ».

Nadine Trintignant a réalisé un documentaire cette année pour l’anniversaire des 60 ans qu’aurait eu sa fille Marie Trintignant le 21 janvier dernier.

Nadine Trintignant : « Je n’oublierai jamais, je ne peux pas, donc je ne pardonnerai jamais« 

Le film, qui a été diffusé sur Arte, est poignant : « Je ne voudrais pas qu’elle vieillisse… Je crois qu’elle ne devrait jamais mourir », espère son père Jean-Louis, face caméra.

« Mais je vais mourir et vieillir », affirme Marie, souriante.

« Hélas, Marie, non, tu n’as pas eu le temps de vieillir », raconte Nadine en voix off.

« Comme tant de femmes battues, tu as reçu un premier coup. Quand tu as voulu quitter cet homme, il s’est acharné à te détruire, à gommer ton si beau visage, à t’arracher à la vie », poursuit-elle.

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Elle ne veut pas entendre parler de Bertrand Cantat, le chanteur de Noir Désir, condamné à huit ans de prison en Lituanie en 2003 pour avoir porté des coups mortels à sa fille Marie et remis en liberté en 2007.

« Il n’est pas question pour moi de lui pardonner. Le vrai pardon, c’est l’oubli de ce que l’on vous a fait de mal. Je n’oublierai jamais, je ne peux pas, donc je ne pardonnerai jamais, affirme Nadine Trintignant. Je n’avais jamais haï personne de ma vie, je ne connaissais pas la haine. Et la haine est quelque chose d’atroce à ressentir, qui vous détruit, qui vous fait mal. Maintenant, je la connais. »

Nadine Trintignant n’a plus jamais filmé après la mort de Marie

La réalisatrice, âgée de 87 ans, n’a jamais plus filmé après la disparition de sa fille.

« Je le regrette aujourd’hui. J’adorais faire du cinéma. Les cinq derniers films que j’ai faits, je les avais écrits et tournés avec Marie. Après, j’ai dit : “Je ne vais faire qu’écrire, je ne vais pas tourner” », raconte-t-elle à l’AFP.

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Nadine Trintignant ne voulait pas qu’on garde pour seule image de sa fille celle d’une femme battue.

« C’est un documentaire très joyeux et uniquement sur la profession parce qu’elle ne voulait pas d’intrusions dans sa vie privée », décrit-elle.

Les quatre fils de Marie, nés de quatre pères différents, sont à peine évoqués.

On y voit, en revanche, beaucoup de réalisateurs, d’acteurs comme Guillaume Depardieu, lui aussi disparu, avec qui Marie a tourné trois films, dont Comme elle respire.

Il lance qu’« elle n’est pas chiante comme toutes les autres comédiennes et qu’en plus elle sent bon ». Faire ce documentaire « m’a apporté de voir Marie rieuse. Je ne l’avais pas vue depuis très longtemps, même en film », raconte Nadine.

5 réactions sur “Marie Trintignant (2/7) : « Je ne pardonnerai jamais », s’indigne sa mère Nadine

  1. Je lui souhaite beaucoup de courage. Ce qui est arrivé est horrible, impardonnable et je souscris au caractère impardonnable du geste de ce triste individu qui devrait être condamné à vie à la mort sociale.

    1. Bien d’accord : défigurer ainsi une pauvre femme qui va trimbaler ces horribles lèvres jusqu’à sa mort, c’est horrible et impardonnable.

  2. Moi ce que je ne peux pas comprendre c’est pourquoi une femme reste avec un homme à partir du moment même où il a levé la main sur elle la première fois. Un homme violent c’est comme un chien mordeur : s’il mord une fois il mordra à nouveau, à coup sur. Un homme qui frappe frappera à nouveau, à coup sur.
    C’est un peu gênant de faire référence à la malheureuse blague qui a valu à Tex d’être viré de la télé : « Que dit-on à une femme qui a les deux yeux au beurre noir ? On ne lui dit rien : on lui a déjà expliqué deux fois. » Horrible n’est-ce pas ? Et pourtant cela reflète la triste réalité des femmes battues : comment leur faire comprendre qu’une seule fois c’est une fois de trop ?
    La violence est l’arme des faibles. C’est paradoxal, mais un homme qui frappe une femme n’est rien d’autre qu’une triste lavette. Il n’y a donc rien à attendre d’un tel homme. Mesdames n’acceptez jamais la moindre marque de brutalité de la part d’un homme, même si vous l’aimez : s’il vous frappe, c’est qu’il ne vous aime pas – et qui plus est qu’il ne s’aime pas lui-même. Dès le premier coup, à fuir immédiatement ; vous éviterez ainsi un drame qui ne manquerait pas d’arriver tôt ou tard. Voilà ce qu’était Cantat quand il a frappé sa compagne : un faible, dont la condition était peut-être aggravé par la prise de drogue ou d’alcool, et peut-être aussi parce que sa compagne lui a tenu tête. Voilà un drame bien regrettable, qui a coûté la vie à une superbe actrice et a fait d’un poète et d’un musicien surdoué un paria. Bien triste.
    L’homme fort est bon, aimable, gentil, jamais violent.

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