L’empire immobilier associé à l’animateur vedette traverse une zone de turbulences sans précédent. Entre départs massifs d’agences, chute de valorisation et reconversion forcée vers une nouvelle enseigne, le groupe M6 doit faire face à une crise majeure qui ébranle l’un de ses investissements phares dans le secteur de la franchise immobilière.
Une valorisation divisée par deux en un an
La société SPF Franchise, anciennement baptisée Stéphane Plaza France, affiche désormais une valeur estimée à 51 millions d’euros à la fin de l’année 2025. Un chiffre qui contraste violemment avec les 81 millions d’euros enregistrés douze mois plus tôt.
Le constat est encore plus sévère lorsqu’on remonte à 2021, année où M6 Group prenait le contrôle majoritaire de l’entreprise. À cette époque, la valorisation atteignait environ 125 millions d’euros, soit près de deux fois et demie le montant actuel.
Cette dégringolade s’explique en grande partie par la dépréciation massive de la marque elle-même. M6 a procédé à une réduction de 35,5 millions d’euros de la valeur attribuée à l’enseigne « Stéphane Plaza Immobilier », initialement estimée à 51 millions d’euros en 2022.
L’ombre des accusations de violences conjugales
La crise s’enracine dans les problématiques personnelles de l’animateur. Plusieurs franchisés ont exprimé leur souhait de se dissocier de son image, mise à mal par des accusations pour violences conjugales, selon les informations révélées par L’Informé.
Face à cette situation délicate, M6 Group a déployé une stratégie de sauvetage en créant Sixième Avenue, une enseigne alternative destinée aux professionnels désireux de poursuivre leur activité au sein du groupe sans porter l’étiquette Stéphane Plaza.
Un exode vers la nouvelle enseigne
En novembre dernier, pas moins de 135 agences avaient opté pour le changement de bannière vers Sixième Avenue. Pour M6, ces migrations constituent un signal clair de la perte de valeur du droit d’exploitation de la marque originelle et des relations avec le réseau de franchisés.
Un réseau qui fond comme neige au soleil
Les chiffres témoignent d’une érosion continue du maillage territorial. En novembre dernier, SPF Franchise ne comptabilisait plus que 410 agences au total, réparties entre 275 points de vente sous l’enseigne Stéphane Plaza et 135 sous la bannière Sixième Avenue.
Le recul est spectaculaire comparé aux 549 agences recensées fin 2024, et plus encore face aux 672 établissements de 2023. En l’espace de deux ans, le réseau a perdu près de 260 agences, soit environ 40% de ses effectifs.
Les raisons d’un déclin accéléré
Deux facteurs principaux expliquent cette hémorragie. D’une part, la crise immobilière récente a contraint de nombreuses structures à mettre la clé sous la porte, incapables de résister à la baisse d’activité du marché.
D’autre part, certains professionnels ont fait le choix de rejoindre des enseignes concurrentes telles que Laforêt, Century 21, Orpi ou L’Adresse, privilégiant des réseaux jugés plus stables ou mieux positionnés.
Des finances en berne
La santé économique de SPF Franchise reflète cette détérioration généralisée. Le chiffre d’affaires a chuté d’environ un tiers en seulement deux exercices, pour s’établir à 16 millions d’euros en 2024.
Le bénéfice net suit la même trajectoire descendante, ramené à 3 millions d’euros sur la période. Des résultats qui interrogent sur la capacité du groupe à redresser la barre dans un contexte immobilier toujours incertain.
Un actionnariat inchangé malgré la tempête
La structure du capital demeure stable : M6 Group détient 51% des parts, Stéphane Plaza conserve 25,5% de l’entreprise, tandis que Patrick-Michel Khider de Lusigny et Cécile de Crémiers se partagent les 23,5% restants.
Malgré les turbulences, aucune redistribution des cartes n’a été annoncée, le groupe audiovisuel maintenant sa position majoritaire dans cette aventure immobilière devenue complexe.


