L’animateur de télévision ne mâche pas ses mots. En pleine promotion de son ouvrage consacré aux dépendances, Matthieu Delormeau a livré une analyse sans filtre sur la façon dont la société traite les personnes touchées par l’addiction. Ses propos, dévoilés sur les ondes d’Europe 1, ont immédiatement suscité des réactions contrastées.
Un livre qui brise les tabous
Sur le plateau de l’émission #ENOFF, animée par Olivier Guenec, l’ancien chroniqueur de TPMP a présenté son livre « Addictions : Il a suffi d’une fois… ». Un témoignage personnel et engagé qui vise à déconstruire les idées reçues sur cette pathologie.
L’auteur y développe sa vision d’une maladie encore largement incomprise. Selon lui, la dépendance n’est pas un simple choix personnel, mais résulte d’une prédisposition cérébrale qui échappe au contrôle de la volonté.
Une comparaison qui fait polémique
C’est en évoquant le regard porté sur les malades que Matthieu Delormeau a frappé les esprits. L’animateur a établi un parallèle audacieux entre deux pathologies : le cancer et l’addiction.
« Parfois, quelqu’un qui a un cancer est plus responsable de son cancer que quelqu’un qui va être drogué et malade », a-t-il déclaré. Une phrase choc destinée à interpeller sur la différence de traitement accordée aux victimes de ces deux maladies.
L’empathie à géométrie variable
Le chroniqueur pointe du doigt une incohérence sociétale. Alors qu’un fumeur atteint d’un cancer des poumons bénéficie généralement de compassion, une personne souffrant d’addiction aux substances fait face à des jugements sévères.
Cette différence d’approche constitue, selon lui, un obstacle majeur dans l’accompagnement des personnes dépendantes.
Le poids destructeur de la culpabilité
Au cœur de son intervention, Matthieu Delormeau a mis en lumière un cercle vicieux particulièrement dévastateur. La stigmatisation sociale ne se contente pas d’isoler les personnes concernées : elle alimente leur mal.
« Tu es coupable de te droguer, de rater ta première cure, de faire une rechute… Cette culpabilité te ronge et tu reconsommes », explique-t-il. Un mécanisme qui transforme le regard des autres en facteur aggravant de la maladie.
Briser le cycle du jugement
Face à ce constat, l’animateur appelle à une révolution des mentalités. Il plaide pour que la société cesse de percevoir l’addiction comme une faute morale.
Son message est clair : il faut remplacer la condamnation par l’accompagnement. Seul un changement profond de regard permettra aux personnes dépendantes de trouver le soutien nécessaire à leur rétablissement.
Des réactions partagées
Sans surprise, les déclarations de Matthieu Delormeau ont divisé l’opinion publique. Si certains saluent son courage et sa lucidité, d’autres jugent sa comparaison maladroite voire choquante.
Ce débat illustre la sensibilité persistante qui entoure les questions d’addiction dans l’espace public. Un sujet qui reste manifestement difficile à aborder sans provoquer de vives réactions.


