La nomination de Gérard Darmon à la tête du jury d’un festival de cinéma provoque une vive controverse. Alors que plusieurs femmes l’accusent de violences sexuelles, les organisateurs maintiennent leur choix, suscitant l’indignation d’une partie de l’équipe.
Une présidence contestée au festival de La Ciotat
Le Festival du Premier Film de La Ciotat, programmé du 10 au 14 juin, a désigné Gérard Darmon comme président de son jury. Cette décision ne fait pas l’unanimité et soulève de nombreuses critiques.
Selon le magazine Politis, l’acteur fait face à des accusations portées par neuf femmes qui dénoncent des violences sexuelles. De son côté, Gérard Darmon « clame son innocence » et « assure n’avoir jamais eu le moindre geste déplacé ».
Des témoignages accablants
Parmi les accusatrices, une seule aurait entrepris des démarches judiciaires. Cette ancienne assistante stagiaire sur le tournage du film Vous êtes jeune, vous êtes beaux a attaqué la société de production au civil.
La jeune femme, qui avait 19 ans à l’époque des faits reprochés à l’acteur alors âgé de 70 ans, rapporte qu’il lui aurait proposé « d’aller chez [lui] » pour « faire l’amour ».
Un comportement hostile après le refus
Suite à son refus, l’attitude de l’acteur aurait radicalement changé. « Il me parlait extrêmement mal. Il me disait ‘bonjour chienne, tu préfères que je t’appelle ?’ », témoigne-t-elle.
Les autres femmes n’auraient pas déposé plainte, invoquant un rapport de force trop inégal face à la notoriété de l’acteur.
Le festival maintient sa décision
Yves Alion, responsable de la programmation du festival, défend fermement son choix. Il « regrette ce qu’il décrit comme ‘le vertige actuel autour de MeToo’ ».
Le programmateur confie : « Ça me gêne qu’on vienne éplucher le CV de tous les gens qui ont un petit nom ». Il a tranché : « Il restera président ».
L’indignation des bénévoles
Cette position ne passe pas auprès de certains membres de l’équipe. Une bénévole de l’Eden-Théâtre, lieu d’accueil du festival, a dénoncé cette nomination : « C’est à vomir ».
Elle ajoute : « On a appris la nouvelle début mai, à une réunion. J’étais choquée. Qu’il ait été jugé ou non, Darmon est visé par des femmes qui disent avoir subi des choses. Il ne faut pas mettre en doute leur parole ».


