Dans le Finistère, une petite brasserie artisanale s’est retrouvée au cœur d’une bataille judiciaire inattendue. Ses créations aux noms décalés ont séduit les amateurs de houblon, mais ont également provoqué la colère de célébrités internationales soucieuses de protéger leur image.
Des appellations décalées qui font mouche
À Bannalec, la Brasserie de l’Imprimerie cultive l’originalité. Aurélien Picard, gérant de l’établissement, a fait le choix de baptiser ses produits avec humour et fantaisie.
Parmi les créations phares figurent « Yvette Ornière », « La rousse qui tâche » ou encore « Jean Gol Potier », présentée comme « la blonde parfumée ». Une stratégie marketing assumée par le brasseur.
« On a voulu donner des noms un peu fun pour se marrer », explique Aurélien Picard sans détour.
La veuve de John Lennon monte au créneau
C’est une bière aromatisée au citron et au gingembre qui a déclenché les hostilités. Baptisée « John Lemon », cette création n’a pas échappé à la vigilance des juristes de Yoko Ono.
Début mars, une mise en demeure atterrit sur le bureau du brasseur breton. Les avocats de l’artiste exigent l’arrêt immédiat de la commercialisation du produit litigieux.
Une protection juridique étendue
« J’ai découvert que la marque John Lennon avait été déposée mais aussi John Lemon pour protéger son image et éviter que son nom soit détourné », raconte Aurélien Picard, surpris par l’étendue de cette protection.
Face aux risques financiers encourus, le gérant choisit de ne pas s’entêter. Les 5 000 bouteilles restantes trouvent preneur en quelques jours seulement, générant un « sacré coup de pub » involontaire.
Mireille Mathieu exige réparation
L’affaire « John Lemon » à peine refermée, un nouveau dossier débarque. Cette fois, c’est « Mireille Mafieux », présentée comme « la brune de contrebande », qui pose problème.
La chanteuse française découvre l’existence de cette bière par l’intermédiaire d’un membre de sa famille. La réaction ne se fait pas attendre.
Un sentiment de dénigrement profond
Début mai, les représentants légaux de l’artiste adressent une missive ferme. L’exigence est claire : cessation immédiate de la production et de la vente.
« Elle a été extrêmement choquée par l’exploitation qui a été faite de son nom et de son image car elle n’a jamais donné son accord et c’est très dénigrant pour elle », souligne Maître Christine Aubert-Maguéro, avocate de la chanteuse.
Des excuses qui évitent le tribunal
Aurélien Picard opte pour l’apaisement. Il rédige une lettre d’excuses personnelle à l’attention de Mireille Mathieu, reconnaissant son erreur d’appréciation.
Cette démarche porte ses fruits. « Elle a lu la lettre et compte tenu de cette démarche, nous n’engagerons pas de poursuite judiciaire, cela s’arrête là », annonce l’avocate.
La représentante légale précise les motivations de sa cliente : « De toute façon, ma cliente ne fait pas ça pour l’argent ou pour embêter les gens, elle souhaite juste se faire respecter ».
Une artiste vigilante depuis des années
Cette affaire s’inscrit dans une démarche constante de protection de l’image menée par Mireille Mathieu depuis de nombreuses années.
En 2019, un photographe avait été condamné pour un montage explicitement sexuel détournant la pochette de l’album « Bonjour Mireille » sorti en 1971.
Plus tôt encore, en 2010, un commerçant d’Avignon s’était vu sanctionner pour la vente de tee-shirts caricaturant la chanteuse.


