Le monde du spectacle et de la culture se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une mobilisation féministe. Des militantes ont choisi de faire entendre leur voix à l’occasion d’une première théâtrale très attendue, pour dénoncer la présence sur scène d’artistes accusés de violences.
Une action coup de poing devant un théâtre parisien
Le 17 juin 2026, le collectif Nous Toutes Paris Nord a organisé une manifestation devant le Théâtre du Gymnase Marie Bell. Cette intervention visait la première représentation de la pièce Cyrano.
Les militantes ont ciblé deux artistes impliqués dans la production : Édouard Baer et Atmen Kelif. Leur présence sur scène cristallise, selon elles, la banalisation des violences dans le milieu culturel.
Les accusations portées contre les artistes
Le cas Édouard Baer
L’acteur et metteur en scène fait l’objet d’accusations de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles de la part de six femmes. Ces témoignages ont été publiés par Mediapart et Cheek.
À ce jour, aucune plainte n’a été déposée contre lui. Cependant, le collectif souligne qu’environ 10 % des victimes de violences sexuelles portent plainte en France. L’absence de procédure judiciaire ne constitue donc pas, selon elles, une preuve d’innocence.
Atmen Kelif condamné pour violences conjugales
L’acteur Atmen Kelif, également présent dans la production, a quant à lui été condamné pour violences conjugales. Ce passé judiciaire justifie, aux yeux des manifestantes, sa remise en question.
Un mouvement qui s’inscrit dans la durée
Une militante a expliqué la stratégie du collectif : « L’objectif, c’est de maintenir la pression. Après plusieurs victoires féministes sur les dernières semaines, on parle vraiment d’un soulèvement féministe. Tant qu’il y aura des agresseurs qui se produisent sur scène, nous serons là pour défendre les victimes ».
Cette action s’inscrit dans un contexte de mobilisations répétées. Récemment, Patrick Bruel avait fait l’objet d’une manifestation similaire lors de son apparition au Théâtre Édouard VII. Le chanteur est visé par des accusations de viols et d’agressions sexuelles, qu’il a toujours contestées.
La culture de l’impunité dans le viseur
Les militantes dénoncent la responsabilité collective dans le maintien d’un système qui protège les agresseurs présumés. Producteurs, salles de spectacle et public sont pointés du doigt pour leur soutien à ces artistes controversés.
Une autre manifestante a affirmé : « Aujourd’hui, notre parole fait peur aux agresseurs, aux producteurs, aux salles de spectacle. C’est pour cela qu’on va continuer à mettre la pression pour que ce soit les victimes qui soient sur le devant de la scène ».
Un système patriarcal remis en cause
Le collectif va plus loin en analysant les mécanismes sociaux qui permettent cette situation. Selon leurs mots : « L’impunité ne tombe pas du ciel, elle se construit, elle s’entretient par un tel système patriarcal ».
Cette lutte vise à transformer en profondeur le milieu culturel. Les militantes promettent de maintenir la pression jusqu’à ce que la parole des victimes soit entendue et respectée.


