Le journaliste de France Inter revient sur le devant de la scène médiatique avec deux nouveaux projets. Après avoir révélé publiquement sa maladie dans un livre en mars dernier, il poursuit son combat contre les stigmates liés aux troubles bipolaires.
Son témoignage poignant met en lumière les défis quotidiens auxquels font face les personnes atteintes de ce trouble psychiatrique, entre hospitalisation contrainte et quête d’autonomie.
De nouveaux projets pour sensibiliser le public
Nicolas Demorand lance un podcast baptisé « Si besoin », entièrement consacré à la bipolarité. Cette initiative prolonge la démarche entamée dans son ouvrage « Intérieur nuit », publié en mars 2025, où il révélait être atteint de cette pathologie.
Dès la prochaine rentrée, l’animateur prendra également les commandes de « Recto verso », une émission culturelle diffusée sur France Inter les week-ends. Ce double projet marque son retour progressif à l’antenne.
L’expérience difficile de l’hospitalisation contrainte
Le journaliste évoque sans détour son passage à l’hôpital Sainte-Anne, institution parisienne spécialisée en psychiatrie. L’hospitalisation forcée a constitué l’épisode le plus éprouvant de son parcours de soin.
« J’ai eu le sentiment d’être non plus un adulte, mais un mineur », confie-t-il en décrivant cette période où il a perdu son autonomie. Malgré la violence ressentie, il reconnaît aujourd’hui la nécessité de cette contrainte pour son traitement.
Les limites de la parole publique face à la maladie
L’ancien directeur de la rédaction de Libération revient sur une illusion qu’il s’était forgée. « Je pensais que parler de la maladie à visage découvert me donnerait une forme d’immunité. Ça a été une erreur absolue et un échec total », reconnaît-il avec lucidité.
Cette prise de conscience souligne une réalité souvent méconnue : « Prendre la parole, dire les choses, sortir de la honte, sortir du silence, ça fait du bien, mais ça ne guérit pas. » Le témoignage, aussi libérateur soit-il, ne remplace pas le traitement médical.
Une vigilance permanente face aux troubles bipolaires
Interrogé sur son état actuel, Nicolas Demorand se montre prudemment optimiste. « C’est toujours un ‘ça va’ inquiet », explique-t-il, illustrant la vigilance constante qu’impose cette pathologie chronique.
Il reconnaît néanmoins une amélioration significative : « Je n’aurais pas pensé, il y a quelques semaines encore pouvoir le dire aussi simplement, ça va plutôt pas mal. » Ces mots témoignent d’un parcours de rétablissement fragile mais encourageant.


