Quand Louis de Funès terrorisait les jeunes acteurs sur le tournage du Gendarme

Louis de Funes

L’histoire du cinéma français regorge d’anecdotes croustillantes venues tout droit des plateaux de tournage. Parmi elles, celle d’un jeune comédien de 24 ans confronté au tempérament volcanique de la plus grande star comique de l’époque révèle les coulisses tendues d’un film culte des années 60.

Un début de carrière sous haute tension

Avant de devenir l’animateur emblématique de « Des chiffres et des lettres », « Fort Boyard » et « Pyramide », Patrice Laffont a tenté l’aventure du grand écran. Disparu le 7 août 2024, l’ancien présentateur avait pourtant connu des débuts prometteurs devant la caméra.

En 1964, le jeune homme décroche un rôle dans « Le Gendarme de Saint-Tropez », réalisé par Jean Girault. Il y incarne Jean-Luc, le petit ami de Nicole Cruchot. Pour cette participation, il reçoit un cachet de 2 000 francs, somme modeste pour une production qui allait devenir un monument du cinéma français.

Louis de Funès, un perfectionniste redouté

Le tournage, qui se déroule entre Saint-Tropez et les studios de Nice, révèle rapidement le gouffre entre les générations. D’un côté, Louis de Funès, vedette perfectionniste et exigeante. De l’autre, une bande de jeunes comédiens insouciants.

L’ambiance sur le plateau s’avère particulièrement tendue. Patrice Laffont n’a jamais oublié l’attitude de la star : « Il ne nous disait pas bonjour et n’arrêtait pas de nous reprocher de ne pas être assez disciplinés ».

Des comportements qui agacent la production

Les raisons de cette tension ne manquent pas. Les jeunes acteurs profitent de leurs temps libres pour filer à la plage, au grand désespoir des maquilleurs qui doivent gérer les coups de soleil et les différences de teint.

Mais l’insouciance va plus loin. Les apprentis comédiens s’approprient les véhicules de la production, causant deux accidents qui n’arrangent rien à l’atmosphère du plateau.

Une expérience peu concluante pour le cinéma

Avec le recul, Patrice Laffont reconnaissait volontiers leur comportement irresponsable : « Nous, ce qu’on voulait, c’était se marrer. » Une philosophie incompatible avec le professionnalisme attendu par le reste de l’équipe.

Les conséquences ne se font pas attendre. Son personnage disparaît purement et simplement dans les suites de la saga. Pire encore, son nom est oublié au générique final du premier opus, comme si cette participation n’avait jamais existé.

Un jugement sans concession sur De Funès

Des années plus tard, l’animateur conservait un souvenir mitigé de cette collaboration. S’il reconnaissait le talent de l’acteur, il restait lucide : « De Funès avait beaucoup de talent mais… il ne m’a jamais fait rire. »

Cette expérience cinématographique n’aura finalement été qu’une parenthèse. C’est à partir de 1972 à la télévision que Patrice Laffont trouvera véritablement sa voie, enchainant les succès et marquant plusieurs générations de téléspectateurs français.

Nadia Ben Amar
J’explore l’univers fascinant des célébrités pour en révéler les coulisses.

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