Dans un procès qui captive l’attention médiatique depuis son ouverture, les propos révélés par la mère de Cédric Jubillar jettent une nouvelle lumière sur l’affaire. Le peintre-plaquiste comparaît devant la cour d’assises d’Albi, accusé d’avoir fait disparaître son épouse Delphine lors d’une nuit de décembre 2020, dont le corps n’a jamais été retrouvé.
Des paroles prémonitoires ignorées
La journée du 8 octobre 2023 a marqué un tournant dans le procès avec l’audition de Nadine Jubillar, mère de l’accusé. Son témoignage a révélé des éléments potentiellement cruciaux concernant l’état d’esprit de son fils avant la disparition de Delphine.
Devant la cour, elle a rapporté des propos inquiétants tenus par Cédric Jubillar. Lors d’un épisode antérieur à la disparition, après avoir déposé un enfant, il aurait déclaré : « j’en ai marre, elle m’énerve, je vais l’enterrer, personne ne va la retrouver ».
Ces mots, qu’elle avait interprétés comme l’expression d’une simple colère passagère, prennent aujourd’hui une dimension bien plus sombre à la lumière des événements survenus dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
Des regrets et une prise de conscience tardive
Face aux magistrats et aux jurés, Nadine Jubillar n’a pas caché ses remords. « Aujourd’hui je regrette de ne pas avoir donné plus de sens à cette phrase », a-t-elle confessé avec émotion, laissant entrevoir le poids de cette révélation tardive.
Ce témoignage maternel, particulièrement délicat dans le contexte d’un procès pour meurtre présumé, souligne la complexité des relations familiales dans cette affaire qui demeure sans corps ni scène de crime identifiée.
Une transformation comportementale inquiétante
Selon les déclarations de sa mère, Cédric Jubillar aurait connu un changement notable de comportement dans la période précédant la disparition de son épouse.
« C’était plus le même Cédric que je connaissais avant. Il était beaucoup plus virulent, impulsif. Il parlait pas, il criait », a-t-elle expliqué devant la cour.
Ces observations corroborent les éléments déjà versés au dossier concernant la détérioration du climat conjugal entre Cédric et Delphine Jubillar, alors que leur procédure de divorce était en cours.
Des craintes exprimées aux enquêteurs
Le témoignage de Nadine Jubillar rejoint ses précédentes déclarations aux gendarmes. Elle leur avait déjà confié ses inquiétudes, craignant que son fils « pète un plomb, qu’il se mette à tout casser dans la maison ».
Cette appréhension maternelle quant à la possibilité d’un passage à l’acte violent constitue un élément significatif dans la construction du portrait psychologique de l’accusé que tentent d’établir les parties.
Ce procès, qui se poursuit à Albi, devra déterminer si ces éléments constituent des indices suffisants pour établir la culpabilité de Cédric Jubillar dans la disparition toujours inexpliquée de son épouse infirmière.


