Une journaliste bien connue du paysage audiovisuel français ferait régner sa loi en coulisses dans un grand groupe de presse, sans aucun titre officiel. Une enquête du média Les Jours lève le voile sur une situation jugée troublante par de nombreux salariés. Entre corrections sauvages et censure, l’atmosphère se dégraderait au fil des mois dans les rédactions concernées.
Une influence contestée sans légitimité formelle
Selon l’investigation menée par Les Jours, Laurence Ferrari exercerait un contrôle officieux mais bien réel sur les publications du groupe Prisma Médias. Pourtant, elle n’occupe aucune fonction officielle dans cet empire de la presse magazine.
L’animatrice de CNews et d’Europe 1, également présidente du Journal du Dimanche, serait accusée d’intervenir directement dans le contenu éditorial. Les magazines féminins comme Voici et France Dimanche seraient particulièrement dans son viseur, avec des articles régulièrement modifiés ou purement et simplement censurés.
Les témoignages accablants des journalistes
Plusieurs professionnels de la rédaction, interrogés sous couvert d’anonymat, dressent un portrait sévère de cette emprise grandissante. Certains journalistes vont jusqu’à la décrire comme agissant « en sous-marin de Vincent Bolloré ».
Un salarié témoigne sans détour : « C’est la boss, et elle se comporte comme telle. Elle décide : ça c’est oui, ça c’est non ». Un autre va encore plus loin dans la critique : « Franchement, c’est la pire ». Ces paroles révèlent un climat de travail de plus en plus pesant dans les rédactions.
Le rachat Bolloré et ses conséquences
L’histoire remonte à 2021, lorsque Vincent Bolloré rachète le groupe Prisma. Cette acquisition avait déjà provoqué une onde de choc, entraînant le départ d’une soixantaine de journalistes à l’époque.
Le groupe rassemble des titres variés comme Télé Loisirs, Voici et Capital. Depuis cette reprise, Laurence Ferrari multiplie les casquettes au sein de l’univers médiatique de Vincent Bolloré : éditorialiste au JDNews et au JDMag, elle consolide sa présence dans cet écosystème.
Une saignée sociale sans précédent
Les restructurations s’enchaînent à un rythme inquiétant. En décembre dernier, la direction a officialisé un nouveau plan de départs volontaires qui pourrait toucher jusqu’à 240 personnes, soit un tiers des effectifs totaux.
Cette annonce constitue la troisième vague de suppressions de postes en seulement deux ans. Une hémorragie qui s’ajoute aux tensions internes et nourrit les inquiétudes sur l’avenir du groupe et son indépendance éditoriale.


