Au cœur du pittoresque quartier de Montmartre, une tradition touristique fait débat. La statue en bronze de la chanteuse Dalida, érigée il y a plus de 25 ans, est devenue le centre d’une controverse qui oppose défenseurs du patrimoine, élus locaux et la famille même de l’artiste.
Une tradition controversée qui marque le bronze
Depuis son installation en 1997, la statue de Dalida attire de nombreux visiteurs qui, selon une croyance populaire, touchent sa poitrine pour s’attirer la chance. Cette pratique répétée a eu des conséquences visibles : le bronze de la statue présente désormais une décoloration marquée au niveau des seins, témoignant de l’ampleur du phénomène.
Cette habitude, d’abord anecdotique, est aujourd’hui dénoncée par plusieurs élus écologistes parisiens qui y voient un symbole problématique. Dans une déclaration officielle, ils ont affirmé : « Ces mises en scène d’acte mimant une agression sexuelle participent à la culture de l’impunité ».
Face à cette situation, ces mêmes élus militent pour l’installation d’un système de protection autour de la statue, afin de préserver à la fois l’œuvre et la dignité qu’elle représente.
Des avis divergents, même parmi les proches
La polémique a fait réagir plusieurs personnalités, dont Orlando, frère de la chanteuse disparue, qui relativise la situation.
« Il faut prendre du recul, ça fait rêver les gens et s’ils sont persuadés que ça leur porte bonheur, tant mieux », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il ne s’agit « que d’une statue » et que le débat lui semble excessif.
Un avis que ne partage pas l’animateur et producteur Marc-Olivier Fogiel. Ce dernier a pris position sur ce sujet en exprimant son malaise : « Je dois vous dire la vérité, pourtant j’ai l’impression d’avoir l’esprit assez large. Mais si c’était ma sœur sur ce buste et qu’on lui touchait les seins, je n’aimerais pas du tout. Ça me gênerait ».
Un phénomène qui dépasse les frontières
Le cas de la statue de Dalida n’est pas isolé. À Dublin, la statue de Molly Malone connaît le même sort, victime de gestes similaires de la part des touristes.
Les autorités irlandaises ont dû mettre en place des patrouilles spécifiques pour protéger cette œuvre et sensibiliser les visiteurs aux conséquences de leurs gestes, tant sur le plan matériel que symbolique.
La question se pose maintenant de savoir si Paris suivra cet exemple pour préserver l’une des figures emblématiques de Montmartre, entre respect du patrimoine et traditions populaires.


