La guerre familiale autour de l’héritage d’Alain Delon prend un nouveau tournant inattendu. Plusieurs mois après la disparition de la légende du cinéma français, les tensions entre ses enfants se cristallisent autour d’un testament contesté et d’une donation controversée. Entre procédures judiciaires et rebondissements, le feuilleton judiciaire se poursuit désormais au-delà des frontières.
Un héritage inégalement réparti qui attise les tensions
Depuis le décès de l’acteur le 18 août 2024, la répartition de sa fortune alimente les discordes au sein du clan Delon. Le testament prévoit une distribution claire mais déséquilibrée : 50 % de la fortune revient à Anouchka, tandis qu’Anthony et Alain-Fabien se partagent les 25 % restants chacun.
Cette répartition n’a pas été acceptée sans résistance. Alain-Fabien, le plus jeune des fils, conteste frontalement les dernières volontés paternelles, invoquant des doutes sérieux sur l’état mental de son père au moment de la rédaction.
Des capacités mentales remises en question
L’argument principal d’Alain-Fabien repose sur l’état de santé d’Alain Delon après son AVC survenu trois ans avant son décès. Des documents médicaux datant de 2019 mentionnent explicitement des « troubles cognitifs » chez l’acteur, éléments qui constituent le socle de la contestation.
Ces pièces médicales visent à démontrer que le comédien n’était plus en mesure de prendre des décisions éclairées concernant son patrimoine, notamment lors de décisions majeures prises en 2022 et 2023.
La société ADID au cœur du litige
Au-delà du testament, c’est aussi une donation qui cristallise les rivalités. En 2023, Anouchka a obtenu 51 % des parts d’Alain Delon International Distribution, la société gérant l’image et les droits de l’acteur.
Cette prise de contrôle majoritaire est également dans le viseur d’Alain-Fabien, qui cherche à faire annuler cette donation en invoquant les mêmes arguments relatifs à l’altération du discernement paternel.
Un arsenal judiciaire à plusieurs fronts
La bataille juridique s’est déployée sur plusieurs terrains simultanément. Alain-Fabien avait lancé une procédure visant à annuler à la fois la donation à Anouchka et le testament de 2022. Une audience dite « de relais » était programmée pour examiner l’ensemble des décisions passées et confronter les arguments de chaque partie.
Mais la guerre ne se limite pas aux questions patrimoniales. Anouchka a elle-même assigné ses frères en justice pour la diffusion sans son consentement d’une conversation privée, ajoutant une dimension supplémentaire à ce conflit familial déjà complexe.
Un revirement stratégique vers la Suisse
Le 9 mars dernier, la procédure française a connu un rebondissement majeur. Alain-Fabien a décidé de se désister de la procédure en France, un retrait stratégique qui surprend les observateurs de cette affaire.
Ce désistement ne signifie toutefois pas un abandon du combat. Le fils cadet de l’acteur a choisi de concentrer ses efforts sur une procédure en Suisse concernant la suspension du testament de 2022, ouvrant ainsi un nouveau front juridique.
Confirmation attendue en mars 2026
Le retrait de la procédure française devra être officiellement confirmé lors d’une audience de mise en état prévue le 23 mars 2026. Cette étape administrative marquera formellement la fin du volet français de ce contentieux successoral.
En attendant, l’avenir de l’immense patrimoine d’Alain Delon reste suspendu aux décisions de la justice suisse, prolongeant une saga familiale qui passionne autant qu’elle attriste les admirateurs de l’icône du cinéma.


