La Fondation Bardot sous influence : Bernard d’Ormale et les liens multiples

Brigitte Bardot

Le décès de l’icône du cinéma français, survenu fin décembre 2025, marque un tournant pour l’organisation qu’elle avait créée il y a près de quarante ans. Alors que la défense animale constituait son combat de toujours, l’avenir de sa fondation soulève aujourd’hui des questions sur son orientation et ses alliances.

Bernard d’Ormale prend les rênes de l’organisation

Brigitte Bardot s’est éteinte le dimanche 28 décembre 2025, à 91 ans. L’annonce officielle est venue de sa fondation via l’AFP. Peu après sa disparition, son dernier époux a été désigné à la présidence de l’organisation dédiée à la protection des animaux.

Bernard d’Ormale a adopté un ton humble concernant ses nouvelles fonctions : « J’aiderai les gens formidables qui s’en occupent Autant que je le pourrais. Je n’ai pas à proprement parler de rôle. J’en suis seulement administrateur ».

Une proximité assumée avec l’extrême droite

L’ancien conseiller de Jean-Marie Le Pen arrive à la tête d’une structure créée en 1986 par l’actrice. Pour certains habitués des locaux parisiens de la fondation, cette nomination ne laisse aucun doute sur l’évolution politique de l’institution.

« Avec lui, c’est le RN qui prend la tête de la fondation », confie une personne qui fréquente régulièrement les bureaux de l’organisation dans la capitale.

Les liens controversés avec Frédéric Chatillon persistent

Une investigation menée par Libération avait mis en lumière les relations entre la fondation et l’ancien figure du mouvement néofasciste GUD. Frédéric Chatillon, proche de Marine Le Pen, bénéficie toujours des faveurs de l’organisation.

En juin 2024, cet homme d’affaires a été définitivement condamné à deux ans et demi de prison avec sursis et à une amende de 250 000 euros pour escroquerie et abus de biens sociaux. Cette affaire concernait le financement politique du Front national lors des législatives de 2012.

Un prestataire stratégique toujours en place

La société de communication Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon, maintient ses contrats avec la fondation. L’entreprise gère notamment la conception du magazine trimestriel tiré à 40 000 exemplaires et distribué aux donateurs, ainsi que les campagnes d’affichage urbain de grande envergure.

Sa présence aux obsèques de Brigitte Bardot, célébrées le 7 janvier 2026 en l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Saint-Tropez, témoigne de la solidité de ces liens. Sous la nouvelle présidence, son statut de prestataire ne devrait connaître aucune modification.

L’échec de la tentative de réforme

Consciente des risques pour la réputation de son œuvre, l’actrice avait tenté de restructurer la gouvernance de la fondation. Elle souhaitait confier davantage de responsabilités à Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef, nommée vice-présidente.

En 2018, Brigitte Bardot exprimait clairement sa volonté de changement : « Pour le futur de ma fondation. J’accorde toute ma confiance à Laurence en ce qui concerne le nouveau site internet. Je ne veux prendre aucun risque avec Riwal pour une chose aussi importante. Si j’ai choisi Laurence pour être ma vice-présidente c’est qu’elle a la compétence pour l’être ! ».

Cette tentative de modernisation et de distanciation s’est soldée par un échec. Laurence Parisot a finalement quitté la fondation, laissant les anciennes alliances reprendre le dessus sur l’organisation.

Virginie Lebrun

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