L’univers de la chanson française traverse une période de turbulences judiciaires. Après des années de procédures, un jugement définitif vient bouleverser la paternité d’un des plus grands succès de la variété hexagonale. Une affaire qui ressurgit à l’occasion de la diffusion d’un documentaire consacré à l’un des auteurs les plus prolifiques de l’Hexagone.
Un documentaire qui ravive une polémique juridique
Le 6 août 2026, la chaîne LCP diffusera « Didier Barbelivien : tant qu’il y aura des chansons ». Ce documentaire retrace le parcours exceptionnel d’un homme qui a marqué la variété française de son empreinte.
Avec plus de 2 500 titres à son actif, Didier Barbelivien a travaillé aux côtés des plus grands noms de la chanson. Michel Sardou, Patricia Kaas, Johnny Hallyday, Gérard Lenorman, Julien Clerc ou encore Céline Dion ont interprété ses compositions.
Le tube qui fait débat depuis quarante ans
Parmi ses créations les plus célèbres figure « On va s’aimer », immortalisée par Gilbert Montagné en 1983. Cette chanson a connu un succès phénoménal avec plus de 700 000 exemplaires écoulés et un disque d’or à la clé.
Diffusée régulièrement sur les ondes françaises, elle est devenue un classique indémodable de la variété. Pourtant, derrière ce triomphe se cache une bataille judiciaire qui dure depuis plusieurs décennies.
Une accusation venue d’Italie
Les ayants droit d’« Une fille de France », interprétée par Gianni Nazzaro en 1976, ont accusé Barbelivien de plagiat. Selon eux, la ressemblance entre les deux morceaux ne laisse aucun doute.
Les procédures judiciaires ont débuté en Italie dans les années 2000, avant de s’étendre à d’autres juridictions européennes. Une longue bataille juridique s’est alors engagée.
Des décisions de justice défavorables aux artistes français
En 2008, le tribunal de Milan a rendu un premier verdict sans appel : « On va s’aimer » constitue une contrefaçon de la chanson italienne. Une décision lourde de conséquences pour les deux artistes français.
Plus récemment, le 9 octobre 2024, la Cour d’appel de Paris a confirmé cette position. Le plagiat a été reconnu officiellement par la justice française.
Des conséquences financières majeures
Suite à cette décision, Didier Barbelivien et Gilbert Montagné ont perdu leurs droits d’auteur sur le morceau. Les revenus générés par la chanson sont désormais transférés à Michel Cywie, Jean-Max Rivière et leur société d’édition.
Seule consolation pour Gilbert Montagné : il conserve ses droits d’interprétation, qui lui permettent de continuer à toucher des revenus sur ses performances vocales.
Les principaux intéressés rejettent le jugement
Didier Barbelivien refuse catégoriquement d’admettre le plagiat. Il invite le public à écouter les deux œuvres pour se forger sa propre opinion et établir une comparaison personnelle.
De son côté, Gilbert Montagné n’a pas dit son dernier mot. L’artiste a saisi la Cour de cassation pour tenter d’inverser la décision. Parallèlement, une nouvelle expertise est actuellement menée en Italie.
Cette affaire illustre la complexité des questions de propriété intellectuelle dans le monde musical, où les frontières entre inspiration et plagiat restent parfois difficiles à établir.


