L’humoriste brise un tabou en revendiquant une approche décalée d’une pathologie qui touche des millions de familles. Entre pudeur et provocation, il livre un témoignage rare sur l’accompagnement d’un parent malade et les mécanismes de défense que permet le rire.
Un documentaire intime comme légitimité
Sur le plateau de Télématin, Élie Semoun a défendu avec conviction son approche singulière de la maladie d’Alzheimer. Fort de son expérience personnelle, l’artiste s’estime en droit d’aborder cette pathologie neurodégénérative sous un angle inhabituel.
Cette légitimité, il la puise dans « Mon vieux », un documentaire bouleversant coécrit avec la réalisatrice Marjory Déjardin. Ce film retrace les derniers instants de vie de son père, emporté par la maladie le 12 septembre 2020 à l’âge de 88 ans.
Diffusé à la télévision en décembre 2020, le documentaire a ensuite connu une sortie en salles le 18 janvier 2023, permettant au public de découvrir ce récit poignant sur grand écran.
Le rire comme mécanisme de survie
L’humoriste assume pleinement son regard décalé sur cette épreuve familiale. « Les débuts d’Alzheimer, c’est horrible à dire, mais c’est presque drôle », confie-t-il sans détour.
Pour illustrer son propos, il partage une anecdote révélatrice : son père se préparant pour une supposée « rentrée scolaire » malgré son grand âge, symptôme désorientant mais non dénué d’une certaine absurdité.
Un projet de fiction en préparation
Loin de refermer ce chapitre douloureux, Élie Semoun poursuit son exploration artistique du sujet. L’artiste travaille actuellement sur un projet de film consacré à l’Alzheimer.
Cette nouvelle œuvre s’inscrit dans la continuité de son documentaire, confirmant sa volonté d’interroger cette maladie sous différentes formes narratives.
Les aidants, ces oubliés de la maladie
Au-delà du patient, Élie Semoun souligne l’impact considérable de la pathologie sur l’entourage. Il évoque ces proches devenus « aidants », terme qu’il préfère transformer en « aimants ».
Cette nuance révèle toute la charge émotionnelle et affective que représente l’accompagnement d’un être cher frappé par cette maladie neurodégénérative.
Un deuil marqué par le contexte sanitaire
La fin de vie du père de l’humoriste s’est déroulée dans un contexte particulièrement cruel. Les restrictions sanitaires liées au Covid-19 ont empêché la famille de lui rendre visite avant son décès.
Cette impossibilité d’un ultime au revoir a sans doute renforcé l’importance du documentaire, devenu trace mémorielle irremplaçable d’une relation père-fils.


