Le monde de l’engagement mémoriel français est en deuil. Pierre-François Veil, figure majeure de la lutte contre l’oubli de la Shoah et fils de l’icône politique Simone Veil, s’est éteint brutalement dans la capitale. Son parcours d’avocat et de militant laisse un vide immense dans le combat pour la transmission de la mémoire.
Une mort soudaine à l’hôpital parisien
Le mercredi 6 mai 2026, Pierre-François Veil rendait son dernier souffle à l’âge de 72 ans. Hospitalisé à l’hôpital européen Georges-Pompidou, situé dans le 15e arrondissement de Paris, l’homme s’est éteint dans des circonstances qui n’ont pas été détaillées par son entourage.
Selon les informations révélées par RMC, c’est dans cet établissement que le benjamin de Simone Veil a passé ses derniers instants. La Fondation pour la mémoire de la Shoah a quant à elle qualifié cette disparition de « décès soudain », soulignant le caractère inattendu de cette perte.
Le benjamin d’une famille emblématique
Dernier-né de Simone Veil, Pierre-François avait suivi les traces professionnelles de sa mère en embrassant la carrière d’avocat. Mais c’est surtout son engagement au service de la mémoire qui marquait son identité publique.
À la tête de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, il incarnait la continuité du combat porté par sa mère, rescapée des camps de concentration. Son investissement dans cette mission mémorielle constituait le fil rouge de son existence.
Une famille recomposée au fil des années
La vie personnelle de Pierre-François Veil s’était construite en plusieurs chapitres. D’une première union était née Stéphanie, avant qu’il n’épouse Agnès Buzyn le 27 juin 1985.
De cette alliance avec la future ministre de la Santé sont nés deux garçons : Raphaël et Lucas Veil. Le couple a toutefois pris des chemins distincts après plusieurs années de vie commune. Pierre-François Veil était également père de Rebecca, son quatrième enfant.
Un mariage qui unit deux dynasties du cinéma et de la politique
En 2018, son fils Lucas a épousé Nelly Auteuil, fille des comédiens Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart. Après une brève incursion devant la caméra dans Petites Coupures, la jeune femme avait préféré se consacrer à des études juridiques.
L’héritage de Simone Veil perpétué par son ex-belle-fille
Malgré la séparation du couple, Agnès Buzyn n’a jamais cessé d’évoquer publiquement l’influence considérable de sa belle-mère dans son parcours. Au décès de Simone Veil en 2017, alors qu’elle occupait le poste de ministre de la Santé, elle s’était confiée sur France Inter.
« Je la connaissais personnellement. C’est elle qui m’a donné l’amour de la vie publique et si je suis ministre aujourd’hui, c’est pour ce goût de travailler au service des autres », avait-elle déclaré avec émotion.
Elle ajoutait : « Je suis dans ce ministère grâce à ce qu’elle m’a légué. Être à ce ministère au moment où elle disparaît, je le vis comme une forme de passage de relais. »
Un portrait intime dévoilé au Parisien
Un an après la disparition de Simone Veil, Agnès Buzyn livrait au Parisien un témoignage plus personnel sur la femme qu’elle avait côtoyée durant des années.
« Elle était pudique, très proche de sa famille, très chaleureuse, très aimante. Très soupe au lait aussi. Elle était capable de grandes colères. C’était une femme de convictions, elle pouvait s’emporter. Mais toujours dans la bienveillance », confiait l’ancienne ministre, dressant le portrait d’une personnalité complexe et passionnée.


