Le décès tragique d’une enfant de 11 ans a provoqué une onde de choc à travers l’Hexagone. Des dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées pour réclamer une meilleure protection des mineurs face aux violences. Mais ce qui devait être un rassemblement pacifique a pris une tournure inattendue dans la capitale.
Une artiste engagée interpellée place Vendôme
Andréa Bescond a été placée en garde à vue lundi lors d’un rassemblement organisé à Paris en mémoire de Lyhanna. La militante, reconnue pour son combat contre les violences faites aux enfants, a été libérée le lendemain matin.
Sur Instagram, elle a raconté son interpellation. Elle évoque l’arrivée des forces de l’ordre équipées de « gros boucliers » alors que le rassemblement se déroulait sans incident. Selon elle, il s’agit d’« une étrange réaction de la part des services de police ».
Une nuit en cellule avec d’autres manifestants
L’artiste a passé la nuit dans une cellule avec plusieurs personnes qu’elle qualifie d’« adorables ». Son témoignage révèle une certaine amertume face au traitement judiciaire.
Elle adresse ses « pensées émues pour tous les pédocriminels qui n’ont jamais passé une nuit en garde à vue », dénonçant ainsi une inégalité dans la réponse judiciaire. Dans les colonnes du Parisien, elle avait d’ailleurs affirmé être prête à finir en garde à vue pour défendre cette cause.
Deux rassemblements prévus, un seul autorisé
Deux événements étaient initialement programmés dans la capitale. Le premier, devant le ministère de la Justice place Vendôme, a été interdit par la préfecture de police. Le second, devant la cour d’appel de Paris, avait reçu l’autorisation des autorités.
Malgré l’interdiction, près de 3 000 manifestants se sont réunis à Paris, témoignant de l’ampleur de la mobilisation citoyenne.
Plus de 60 000 personnes mobilisées en France
L’émotion nationale suscitée par le décès de Lyhanna a déclenché une vague de protestations sans précédent. À travers tout le pays, plus de 60 000 personnes ont participé aux rassemblements organisés.
Le collectif Mouv’Enfants, accompagné de plusieurs associations, a orchestré ces manifestations. Les participants réclament un renforcement des mesures de protection des mineurs et une meilleure prise en compte des signalements par l’institution judiciaire.
Des révélations qui alimentent la colère
Les informations concernant le suspect, Jérôme Barella, ont intensifié l’indignation générale. Plusieurs plaintes avaient été déposées contre lui antérieurement, soulevant des questions sur les failles du système de protection de l’enfance.
Ces révélations ont renforcé la détermination des manifestants à obtenir des changements concrets dans le traitement des signalements.
Un engagement artistique et personnel
Andréa Bescond doit prochainement présenter son spectacle « Les Chatouilles ou la danse de la colère » aux Folies Bergère. Cette œuvre, inspirée de ses propres expériences traumatisantes vécues durant l’enfance, témoigne de son engagement profond.
Son militantisme ne se limite pas à la scène : il se traduit également par des actions concrètes sur le terrain, quitte à en assumer les conséquences judiciaires.


