Derrière l’œuvre du cinéaste se cachent des blessures indélébiles. Des traumatismes d’enfance aux drames personnels, le parcours de Roman Polanski a profondément façonné son univers cinématographique, marqué par l’angoisse et la quête de survie.
Une enfance brisée par la guerre
Rajmund Roman Thierry Liebling voit le jour le 18 août 1933 à Paris. Quatre ans plus tard, sa famille fait le choix de s’installer en Pologne, ignorant alors le basculement tragique qui les attend.
Le jeune garçon se retrouve plongé dans l’enfer du ghetto de Cracovie durant la Seconde Guerre mondiale. La faim, la terreur et les humiliations quotidiennes deviennent son lot commun.
La liquidation du ghetto et la perte
L’année 1943 marque un tournant terrible. Le ghetto est liquidé par les forces nazies. Son père est déporté vers le camp de Mauthausen, tandis que sa mère périt à Auschwitz.
Le jeune Roman échappe à la déportation grâce à la solidarité de familles polonaises qui acceptent de le cacher, au péril de leur vie.
Quand le trauma nourrit l’art
Ces expériences de survie et cette peur viscérale ont laissé une empreinte indélébile sur sa création artistique. Son cinéma explore inlassablement les territoires de l’angoisse.
Ses œuvres majeures comme « Répulsion », « Le Locataire » ou encore « Rosemary’s Baby » plongent dans des univers où la sécurité et les repères s’effondrent. La solitude et la menace y sont omniprésentes.
Le Pianiste, une œuvre autobiographique
« Le Pianiste », adapté de la vie de Władysław Szpilman, est considéré comme son film le plus personnel. Il y retrace l’expérience d’un musicien juif survivant dans le ghetto de Varsovie.
Sharon Tate, un nouveau cauchemar
En 1969, alors que sa carrière hollywoodienne est lancée, le réalisateur subit un nouveau coup du destin. Son épouse, Sharon Tate, est assassinée par les membres de la « famille » Manson.
Ce drame vient s’ajouter à un parcours déjà marqué par des tragédies personnelles d’une rare violence.
Un héritage qui traverse les époques
L’histoire du cinéaste continue d’inspirer la création contemporaine. En 2026, France 3 programme la diffusion de « Once Upon a Time… in Hollywood » de Quentin Tarantino.
Ce film réinvente les derniers jours de Sharon Tate, témoignant de l’intérêt persistant de la scène cinématographique pour ce destin hors du commun.


