BFMTV en crise : Sonia Mabrouk accusée de favoriser l’extrême droite

Laurence Ferrari

Depuis son arrivée sur l’antenne de BFMTV, une animatrice vedette cristallise les tensions. Entre accusations de déséquilibre politique et défense acharnée de sa liberté éditoriale, Sonia Mabrouk se retrouve au cœur d’une polémique qui secoue la chaîne d’information en continu. Les syndicats montent au créneau, les chiffres interrogent, et la direction tente de calmer le jeu.

Des syndicats sonnent l’alarme

Le SNJ et la CGT du groupe RMC BFM ne mâchent pas leurs mots. Selon eux, « 100% Mabrouk » accorderait une place disproportionnée aux voix d’extrême droite depuis le lancement de l’émission le 24 août 2026.

La société des journalistes de BFMTV exprime également ses préoccupations concernant l’équilibre des plateaux. Une inquiétude qui s’appuie sur des données chiffrées : 25,5% des invités relèveraient de cette sensibilité politique, un pourcentage nettement supérieur à celui d’autres programmes de la chaîne.

L’absence d’une voix de gauche pointée du doigt

Parmi les griefs formulés figure l’absence notable d’un chroniqueur de gauche régulier pour contrebalancer les débats. Une séquence fait particulièrement polémique : celle où Sarah Knafo a pu s’exprimer librement durant 45 minutes, sans contradiction ni contre-point.

La journaliste riposte et défend sa ligne

Face aux critiques, Sonia Mabrouk ne reste pas silencieuse. Sur X, elle dénonce une « hémiplégie politique et démocratique » de ses détracteurs, ajoutant : « Je ne me laisserai pas salir. »

Un message de fermeté qui traduit sa volonté de ne pas plier sous la pression syndicale et médiatique. Laurence Ferrari, son ancienne collègue, lui apporte publiquement son soutien sur le même réseau social, témoignant d’une solidarité entre professionnelles.

Un contexte de campagne présidentielle tendu

Cette polémique intervient dans un climat particulièrement sensible. En pleine campagne présidentielle, la représentation politique à l’antenne devient un enjeu majeur pour les chaînes d’information.

BFMTV traverse actuellement une période de vives tensions internes sur ces questions d’équilibre éditorial. L’affaire Mabrouk n’est que l’une des manifestations de ces dissensions.

Des audiences qui restent à convaincre

Au-delà des controverses politiques, l’émission fait face à un autre défi : celui des chiffres d’audience. Les performances restent timides depuis le lancement, ce qui accroît la pression sur l’animatrice.

Dans un environnement médiatique ultra-compétitif, Sonia Mabrouk doit prouver sa valeur éditoriale tout en gérant cette tempête interne. Un double défi qui pourrait déterminer l’avenir de son programme.

La direction affiche son soutien

De son côté, la direction de BFMTV a exprimé publiquement son soutien à la journaliste. Elle promet toutefois de veiller au pluralisme des débats, tentant ainsi d’apaiser les critiques sans désavouer son investissement.

Un exercice d’équilibriste qui reflète la difficulté pour les chaînes d’information de naviguer entre liberté éditoriale, équilibre politique et exigences syndicales dans le contexte actuel.

Pascal

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